18 avril 2022

Lutte contre l’apatridie au Bénin : Plus de 20 journalistes formés à Cotonou

  

    Photo des participants à l'atelier.


Le Réseau des journalistes spécialisés dans les questions de l’apatridie et de nationalité (REJAN) a organisé les 14 et 15 avril 2022 à Cotonou un atelier de renforcement de capacités en faveur des professionnels des médias membres ou non de ce réseau. En partenariat avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés (UNHCR) et AMNESTY International Bénin, ledit atelier a eu lieu pour permettre aux participants de prendre en compte désormais dans leurs publications les questions liées à l'apatridie et à la nationalité.


Pendant deux jours, les journalistes béninois spécialisés dans les questions de l’apatridie ont été outillés aux fins d’un traitement beaucoup plus professionnel des informations liées à la lutte contre l’apatridie au Bénin. L’objectif de cet atelier, selon Marie-Louise Félicité Bidias, Présidente du REJAN, est : « qu’il nous offre l’occasion de renforcer notre capacité en techniques de communication sur les thématiques de l’apatridie et de refugiés et de connaitre les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux de lutte contre l’apatridie ».  Pour ce faire, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés (UNHCR) et AMNESTY International n’ont pas lésiné sur les moyens pour dépêcher du Sénégal deux experts du domaine. Monsieur Komi Akakpo, administrateur associé chargé de l’apatridie au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés (UNHCR) Multi-pays/Sénégal, qui a présenté la caricature du Bénin dans la sous-région au cours de l'atelier : « Au Bénin, dans la sous-région et au-delà, ce sont, en effet, des milliers de personnes qui n’ont pas de nationalité ou sont à risque de devenir apatrides, c’est-à-dire sans nationalité soit parce que la législation de leur pays ne leur permettent pas d’acquérir la nationalité du pays dans lequel ils sont nés, et où ils vivent parce que leurs parents n’ont pas déclaré leur naissance, soit, parce que ceux qui ont décidé des frontières actuelles n’ont pas tenu compte de la situation particulière des peuples qui vivent de part et d’autre de la frontière, ou encore soit, en raison des déplacements forcés liés aux conflits ou au changements climatiques. Des milliers de familles ont été forcées de quitter chez elles à cause de la violence, de la persécution et maintenant du terrorisme. L’Etat du Bénin, en solidarité avec la communauté internationale et fidèle à ses engagements, accueille des milliers de refugiés, de demandeurs d’asile et de déplacés internes », a-t-il déclaré.

L'affiche de l'atelier

Quant à Madame Gosia Courtay, administratrice associée et chargée des relations extérieures de l’UNHCR, elle a abordé avec pédagogie les terminologies et les définitions des concepts clés notamment : Refugié, Apatride, Demandeur d’asile, Migrant et Déplacé interne.

Selon Monsieur Dieudonné Dagbéto, directeur exécutif d’AMNESTY International Bénin : « Notre pays, le Bénin, reste une terre d’accueil et d’hospitalité pour des personnes de pays voisins ou parfois éloignés fuyant diverses situations malencontreuses chez elles. A la fin de l’année 2021, on pourrait estimer à une population de plus de 2000 personnes, les étudiants demandeurs d’asile au Bénin. Sur la base de cette considération, il est évident que la prévention et la lutte contre l’apatridie au Bénin, mais également les questions portant sur les refugiés, les migrants et demandeurs d’asile soient l’apanage de tous y compris vous ici présents », a-t-il souligné.


Par ailleurs, Monsieur Komi AKAKPO ajoute que « Nous avons plus besoin d’une volonté politique et encore beaucoup plus de vous mesdames et messieurs les acteurs, les journalistes » 

Ainsi, la présidente du REJAN ira plus loin et rassurera les partenaires du réseau par ces mots   : « A la suite de cette formation, notre réseau va davantage s’impliquer dans toutes les questions en lien avec l’apatridie et celles de la nationalité », dira-t-elle. 


Au regard de la complexité de la tâche, Marie-Louise Bidias lance un vibrant appel aux participants de cet atelier :  «  Chers collègues, chers confrères journalistes, c’est une occasion pour nous après cette formation de nous impliquer beaucoup plus et davantage entre autres dans la conduite du plaidoyer en vue de l’adoption du nouveau code de nationalité de la loi sur la lutte contre l’apatridie et aussi dans l’accélération de la mise en œuvre du plan national de lutte contre l’apatridie », a-t-elle fait savoir aux participants.

Il faut rappeler que c’est Madame Mélanie YEKPE, la chargée de protection et représentante du Secrétaire permanent de la Commission nationale chargée des refugiés au Bénin empêché, qui a procédé au lancement officiel de cet atelier de renforcement de capacités des journalistes spécialisés dans les questions de l’apatridie et de la nationalité.


 Hubert KIDJASSOU

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